Route du Rhum 2010, par : Etienne Giroire.
Mon départ du Rhum ne fut pas très spectaculaire : après avoir débarqué mon neveu Hervé et John de Colligo Marine sur mon pneumatique dassistance, je me retrouvé derrière le gros de la flotte, faisant surtout attention de ne pas me mettre en difficulté sur ce plan deau très fréquenté. Je pense avoir traversé la ligne de départ avec 4 mn de retard, au grand largue, screecher et grand-voile dans le vent mollissant. Je suis avec quelques Class 40, sous spi, et devant nous, lhorizon est rempli de spinnakers multicolores, les grands bateaux déboulent vers la marque de parcours du cap Fréhel
. Le vent tombe complètement un moment, puis revient sur lautre panne, jenvoie le spi, je suis rejoint par mon pneumatique dassistance, et en passant la marque de parcourt obligatoire du cap Fréhel, entourée de spectateurs, le point damure du spi lâche ! La chaussette ATN remplit son office, récupérer le spinnaker sans encombre, puis je déroule le screecher, je suis maintenant parti pour sortir de la Manche au grand largue. Laprès-midi est superbe et je moffre une soirée de voile, tout le monde fait route plein ouest, lhélicoptère de Sea Events me visite et fera de très belles images ; puis je reste seul, avec le soleil couchant sur la Bretagne, remerciant les Dieux de nous avoir fourni un temps si maniable pour nous les coureurs et les spectateurs.
Je rattrape doucement des Class 40, Jean-Paul Froc sur Eurosanit est au vent, longeant la côte, je le distance doucement ; Luc Coquelin Pour le rire Médecin est lui aussi au vent, son gréement de ketch caractéristique, je le passe doucement aussi
la nuit arrive, je devine déjà Ouessant et la pointe de la Bretagne, le haut du Golfe de Gascogne que nous devons traverser et où tant de bateaux du Rhum et autres ont fait naufrage. Là encore, superbes conditions météo, il fait à peine froid ! Vent de travers, je rattrape doucement des bateaux que je devine à lhorizon sur tribord, sur bâbord, grâce a leurs feux de tête de mât, je me souviens de quelques croisements nocturnes proches
Tout va bien à bord, je retrouve avec plaisir mes habitudes de marin solitaire, thé chaud, fruits, petite sieste
Triste rencontre.
Le lendemain, en milieu daprès midi, je vois quelque chose sous le vent, ça ressemble à un écueil, quelque chose qui flotte. Ma route me fait passer juste à côté, et je reconnais bientôt les deux coques dun catamaran retourné ! Je pense aussitôt à un concurrent du Rhum, à qui je devrais évidemment porter secours, je me prépare à affaler la grand-voile, quand je reconnais Formule TAG ! Sous son nom actuel de Spirit of Antigua, propriétaire Tony Bullymore, le catamaran de 33 mètres. Cest un bateau que je connais très bien, pour avoir navigué dessus une saison entière avec Mike Birch en 1984. Il y a quatre jours, Mike mavait indiqué que Formule TAG venait de se retourner dans le golfe de Gascogne, lors dun convoyage. De voir ce grand bateau (33m x 13m) à lenvers ma foutu un sérieux coup au mental : je suis reste 2 mn a côté, jai pris quelques photos puis je suis reparti vers le cap Finisterre. Plus tard, cette image me hantera et me fera douter de tous mes réglages et décisions de manuvre jusquà labrutissement
Cest a ce moment la que le mouflage de la drisse de grand-voile a cassé ! Comme dans lOstar 2005 ! Il y avait trop de mer pour pouvoir monter au mat, jétais non loin de la côte Espagnole, jai donc pris la décision de men rapprocher pour pouvoir réparer dans un endroit calme et protégé. Avec le recul, ce fut une erreur, car je perdis une journée et en continuant vers les Açores, je me dirigeai vers des zones de calmes de toute façon. Je suis donc arrivé à la nuit tombée non loin du petit port de Ribadeo, par mer calme, je suis rapidement monté, jai réparé, avant de repartir vers louest immédiatement : non sans être resté encalminé trois ou quatre heures, ce qui ma permis de dormir ; puis le vent douest sest levé, évidemment, dans le pif ! Il a fallu alors tirer des longs bords toute la nuit, maudissant ma décision de me détourner...
Mon copain le bateau.
Le lendemain matin, je double enfin le cap Finisterre, je ne suis pas seul, le Class 40 Kogane maccompagne quelques milles. Vers midi, jappelle mon fidèle routeur Yvo : il me dit : « vas y Etienne, direction le sud des Acores, il y a de lair partout ! » Enfin ! Je fais route directe, sous spi, il ny a pas beaucoup dair, mais quelle satisfaction dentamer la traversée ! Cest toujours difficile deffectuer le grand plongeon. Je suis maintenant dans la belle partie de la Route du Rhum, la route sud, autour de lanticyclone des Acores. Le risque existe cependant de se faire attraper par les calmes dans mon nord. Mais le temps se réchauffe, grand ciel bleu, le vent souffle du secteur est, je me sers du grand spi de tête, cest un grand bonheur de le voir porter des heures entières, mais ma tête de mat est mal haubanée, et les barres de flèches frontales trop agressives pour que je risque le porter avec plus de 5 8 nuds de vent. Je vais toujours aussi vite que le vent, parfois plus vite quand je barre, autrement, le bateau est plat, sec, tout ouvert, un vrai bonheur, je peux bricoler tranquillement, les panneaux solaires chargent bien, je change une drisse, matelote a droite a gauche, surliure si besoin, la belle vie du marin qui bidouille sur son copain le bateau et affûte sa monture !
De temps à autre, le vent monte, jadapte la voilure immédiatement, jaffale le spinnaker, jenvoie le screecher, je me souviens de belles chevauchées à plus de 20 nuds, mais seulement quand je barre, autrement le bateau dépasse rarement les 14 16 nuds, dès quil y a un peu de mer, ce qui agit sur lassiette du bateau, il faut barrer pour garder le vent apparent juste bien, en mer plate, le pilote fait son boulot, le bateau bien toilé est stable et régulier, mais dès que les vagues brassent un peu le bateau, ça prend un barreur pour rester dans le groove et relancer le trimaran : ces bateaux créent le propre vent apparent et mon le miens réagit vite et bien, il passe bien dans la mer, rarement denfournement, ou si létrave sous le vent rentre dans le dos dune vague que nous rattrapons, il se dégage vite et se remet a plat
un super canot !
A ce train la, je rattrape du monde, jétais descendu 9ème, mais Christine Montlouis Un monde bleu tout en vert à démâté lors dune collision ; puis 8ème, quand le benjamin de la course, Joris de Carlan sur Generick est retourné sur la Bretagne avec une voie deau ; vite 7ème quand Pierre Yves Chatelin sur Destination Calais sest arrêté aux Açores. Je suis même passé sixième, pendant ce temps, Luc Coquelin Pour le rire Medecin était troisième sur une route médiane, Charlie Capelle sur ACapella soffrait une très belle deuxième place derrière le beau Open 50 Vento di Sardegna, skippé par Andrea Mura qui mène allégrement depuis le départ sur la route Nord qui lui convient bien. Jai 170 miles de retard : il va plus vite et sur une route plus courte. Loption sud se justifiera en fin de parcours, quand les sudistes profitent des alizés, portant, alors que les nordistes seront au près contre mer et vent, et donc forcement ralentis
En course.
De temps en temps, le temps forcit, mais dans le bon sens : rien a voir avec LOstar, qui est contre le vent tout le temps avec ciel bas, couvert, et mer froide, jai même vu de la glace en 1992 ! Bref, que du plaisir : je continue a bien avancer, pas assez vite à mon goût évidemment, mais le vent reste calme : je suis presque tout le temps grand-voile haute et spinnaker, ou screecher quand le vent refuse.
Après une semaine de course, le temps se réchauffe graduellement, leau aussi, elle est maintenant a plus de 20°C, dixit mon instrument NKE, je vis en short et T-shirt, le bateau est sec et plat, les batteries sont chargées, je mange bien, bois du thé souvent, dors beaucoup
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Le bateau est progressivement mieux rangé. Je parle avec Meg tous les jours, ainsi que Yvo, et le PC course, je reçois des emails mais ne peux plus en envoyer, jobtiens cependant de superbes messages de la famille et amis, qui me suivent sans faillir et me motivent fort. Le temps prend une mesure différente, je vois tous les levers et couchers de soleil, espérant le rayon vert, je suis maintenant a la moitié de la course, dans une bonne position, seul Jean-Paul Froc sur Eurosanit est plus sud que moi, mais derrière, je passe bientôt Pierre Yves Guennec sur Jeune Dirigeants, je suis 5ème, maintenant en route directe, le vent reste du secteur est, oscillant NE SE, jempanne à la demande
Un bateau ma cependant doublé par le Sud, il sagit de Julien Mabit sur Monopticien.com, lancien bateau de JP Mouligné, le joli Open 50 CP Crayvalley avec lequel il avait brillamment remporté le BOC 1996 en classe 2. Cest normal : typiquement les Open 50 font la Route du Rhum en 18 19 jours, nos bateaux plus petits en 20 22 jours. Le meilleur temps pour un trimaran de 12 m date de 1982 par Jack Petit sur le trimaran Newick Kriter 5 en 19 jours ½, il va de soi que je comptais améliorer ce temps.
La course continue, je dois me répéter souvent que je fais la Route du Rhum et que le jeu est de pousser le bateau : je suis maintenant dans une latitude tropicale et le temps est à grains, leau est a 26 27° C, il fait beau et chaud, je vis en short, comme en Floride, et le vent est toujours de secteur est, c'est-à-dire portant, avec moi, me poussant vers les Antilles. Je passe mon temps a régler les voiles, peaufiner les réglages, je change de spinnaker à Screecher et arise ou renvoie la grand-voile à la demande, ca glisse bien. Régulièrement, un grain traverse ma route : le vent monte alors subitement a 25 30 noeuds, on rentre dans un nuage, en général jaffale la grand-voile en grand, et reste sous voile davant bordée plat, prêt à choquer si besoin
Avarie de voile.
Lors dun grain nocturne, je me laisse surprendre avec le screecher; le vent monte, le bateau accélère, il y a maintenant plus de 30 nuds apparent, jaffale la grand-voile et abat en grand pour diminuer le vent apparent, quand le point damure du screecher se déchire et se désolidarise du tambour de lemmagasineur ! La voile se retrousse sur son guindant et il est maintenant impossible de lenrouler ! Et le Screecher nest pas endraillé sur un étai : il est hissé, étarqué en guindant libre sur une drisse mouflée qui quand elle est choquée part nimporte où ! Mais je nai pas le choix : il me faut récupérer la voile qui commence à faseyer violemment dans le grain, la seule solution est de descendre le tout dans leau, au vent arrière, le bateau sur son erre va passer dessus, puis sarrêter, puisque la voile affalée agira comme une ancre flottante. Et au moment où le bateau stoppé va commencer à pivoter autour de la voile, je vais devoir vite la hisser sur le pont et la saisir pour ne pas la perdre. La manuvre se passe plutôt bien, mais je nai plus de screecher pour quelques jours : cest une grosse perte, cette voile est très polyvalente, on sen sert dans le petit temps au plus près ou petit largue, et avec de lair au reaching, travers, un très bon outil vélique. Je repars bientôt avec mon foc de route et la grand-voile haute : mais la réparation du screecher est problématique, il me faut de bonnes aiguilles et du fil a voile, mais aussi beaucoup de manutention. Je dois la trouer à la perceuse afin de coudre de la sangle sur le guindant et point damure : cest un gros boulot de couture, mais javance bien
Le lendemain matin, la drisse de grand-voile lâche en tête de mat, encore au niveau de l'amarre du point fixe du mouflage : la grand-voile sabat sur le pont et la drisse tombe à l'intérieur du mât ! Je nai donc dautre solution que de monter en tête de mat pour passer une nouvelle drisse, en dehors du mat. Il y a malheureusement trop de mer pour monter efficacement, je dois attendre que le temps se calme un peu l'après midi. Encore 10 à 12 noeuds de vent, un peu de houle, je nai pas le choix, je monte avec mon Mastclimber. Je m'habille avec plusieurs épaisseurs de vêtements pour amortir les chocs, et je commence mon ascension, jarrive enfin en tête de mât
pour constater que la drisse de grand-voile attachée a la chaise du mastclimber s'est détachée dans la bagarre !
Il ne me reste plus quà redescendre, sérieusement fâché, je me repose un peu. Puis je repars là-haut, ça me prend 45 minutes pour monter, parce que à chaque vague, par cette houle croisée, je dois me cramponner au mat en attendant que ça se calme...
Maintenant, je peux le dire : j'en ai beaucoup beaucoup bavé. Là-haut, jamarre de nouveau le mouflage, et jen profite pour inverser la drisse, avant de redescendre couvert de bleus malgré les habits rembourrés. Et quand la grand-voile monte de nouveau, sans heurts, je ne peux que savourer le moment
Chavirage.
A 6 heures le soir, je relance enfin le bateau, plutôt satisfait et bien crevé. Je suis sous grand-voile haute et foc, à 60° du vent, avec 8 à 10 noeuds de vent, le bateau aime, il navigue alors à 9-10 nuds, facile. Je dîne, avant de moctroyer une petite sieste dans le cockpit, le vent monte un peu, je prends un ris dans la grand-voile, ça me prend une minute. Petit thé, relax un peu, vers minuit, le vent monte encore un peu, peut être 12 à 15noeuds peut-être, je prends le deuxième ris, le bateau va bien. La nuit est belle, étoilée, le cap est bon, je rattrape Charlie, tout va bien, je suis un champion, je suis même monté en tête de mat, et deux fois !, c'est la Route du Rhum, vas y, tu es invincible. La nuit est si belle, et moi si crevé, que je me permet de descendre en bas et de m'allonger. Après tout, jai pris deux ris et je suis sous foc de route, ça devrait tenir jusquà 15 ou 20 nuds.
Je me suis réveillé juste avant la culbute : le bateau accélérait, j'avais commencé un cycle de sommeil profond, je me suis retrouvé debout, au pied de la descente, avec le bateau qui pivotait autour de moi, par nuit noire. Je ne suis jamais tombé, debout, de l'eau jusqu'a la taille, avec tout qui tombait autour de moi, le bateau soudainement stoppé.
J'ai aussitôt pensé au ditch bag, le sac rouge étanche avec Iridium, VHF, transpondeur, etc. qui flottait autour de moi. Le sac avec la combinaison de survie également, et le canot de sauvetage. Jai alors ouvert le panneau latéral, juste à la nouvelle flottaison, et je suis sorti sur le bâbord du bateau : j'étais encore en situation de grain, avec de 25 à 30 nuds de vent, un fort clapot, et surtout la nuit noire. Si je lâchais quelque chose, c'était immédiatement emporte par le vent et la mer : j'ai donc tiré à tâtons le bout d'auto gonflage du canot, il s'est gonflé en 30 secondes, et après l'avoir amarré sur les filets, j'ai pu mettre les sacs en sécurité a lintérieur, sans avoir peur de les voir disparaître a la dérive, loin du bateau renversé.
Ma position est à ce moment : 40° 21W par 20° 59N, je suis à 1.350 milles des Antilles, dans le sud ouest des Acores, au nord du Gulf Stream, trop loin pour espérer monter une mission de sauvetage. Il me faut maintenant attendre les secours, ils savent où je suis puisque mes balises Argos et Standart C ont cessé démettre, parce quimmergées, je nai pu hélas déloger ma balise de détresse Epirb, coincée derrière la table a carte, encore enveloppée dans son emballage.
Je suis retourné dans le bateau 3 fois, pour constater a chaque fois que le bateau s'était vidé a une vitesse incroyable, surtout après avoir ouvert la trappe de survie. Un trimaran qui brasse a l'envers, juste à la surface de la mer, agit comme une pompe, une membrane qui expulse son intérieur. Dans le bateau, très rapidement, il n'y avait plus que les planchers qui s'entrechoquaient et me heurtaient. Un bateau propre, vide et dénudé, avec des images incongrues : le moteur suspendu à l'envers, le dessous des banquettes.
Sauvetage.
Quand le Porte Conteneur Fort St Georges ma retrouvé, il me dira avoir vu une traînée de débris qui le menait jusqu'à moi. Deux heures plus tard le jour sest levé, heureusement, dans un sac qui flottait, je trouve une paire de lunettes ! Je peux finalement donner lalerte : le directeur de course Jean Maurel m'appela 45 minutes plus tard et mis le Cross en alerte, qui m'appela une heure plus tard : « on s'occupe de vous ». J'avais enfilé le bas de la combinaison de survie pour rester sec et chaud, mais l'eau était chaude, 25° à 26° , je n'ai jamais eu froid, j'avais des bouteilles deau douce, orange, sac de cacahuètes, fruits secs. Le temps était beau et chaud, à peine un gentille houle. Je me souviens avoir eu du mal à définir mon humeur du moment, à part que je me sentais complètement con et anesthésié. J'ai dormi un peu, parlé au téléphone, asseche le canot. Vers midi heure locale, le Cross m'appelle : « nous avons dérouté un bateau, il est à 28 milles de vous, il fait route à 22 nuds ». En effet, 45 minutes plus tard, je vois cette masse rectangulaire a l'horizon, dans un grain, qui me contacte par VHF : il ne me voyait pas, je l'ai guidé vers moi : « sous votre vent, a 5 milles ». Ils sont arrivés sous moi, j'ai dérivé doucement vers eux, puis jai détaché le canot de survie du trimaran, puis ils mont lancé une corde avant de me haler jusquau milieu du bateau où pendait léchelle de pilote : après avoir hissé mes deux sacs, jai grimpé léchelle, il était 14h45, puis je suis aussitôt monté a la passerelle rencontrer et remercier le commandant, 6 étages plus haut que le pont, qui était déjà 8 mètres au dessus du niveau de la mer. De la passerelle, on voyait distinctement le halo blanc les voiles hissées sous mon bateau retourné. Le commandant, après mavoir accueilli, donna alors lordre de reprendre la route vers Pointe a Pitre : Jai alors regardé mon bateau disparaître définitivement dans notre sillage, il devait être 15h00. Bye bye mon joli trimaran jaune, Up my Sleeve / ATNinc.com, champion de lOstar 92 Cest très dur. Jai perdu mon pote, ma monture, mon jouet, mon souffre douleur, mon outil, mon arme. Mon alter ego, mon copain, une extension de moi-même.
Pointe à Pitre.
Le Porte Conteneur CGM CMA Fort St George, 200 mètres de long, assure la ligne hebdomadaire Le Havre - Pointe a Pitre / Fort de France, ramène 1.700 tonnes de bananes et de tout entre la France et les Antilles Française : 28 équipiers, Français ou Roumains, tous ravis de me rencontrer, ils m'ont traité comme un frère, ont pris des tonnes de photos que j'ai récupéré, et je suis arrive a Pointe a Pitre en avance sur mon planning ! J'ai tout perdu, passeports, carte de crédit, téléphones... Quand j'arrive a Pointe à Pitre, Boris, membre des Golden Oldies Multihulls m'attend sur le quai, ainsi que la télévision locale : interview immédiate, puis Boris m'a emmené partout ou il me fallait aller, PC course, gendarmerie pour une déclaration de perte du passeport. Ma famille arrivait le même jour, jai alors passé 7 jours à répondre à des interviews et effectuer des démarches administratives pour pouvoir rentrer aux USA. Mais c'était dur d'être sur le quai à accueillir les copains coureurs qui arrivaient !
Je suis très déçu davoir manqué lun des meilleurs moments de la traversée : latterrissage, découvrir la Guadeloupe qui sort doucement de lhorizon, après 20 jours de mer, sur cette immensité liquide, et après un tour autour de l île, sprinter vers Pointe à Pitre, avec les amis et la famille là pour maccueillir. Que du bonheur, le podium était proche !
Post Scriptum.
Une des plus grandes différences entre mon Ostar 1992 et la Route du Rhum 2010 est la possibilité de communiquer tout le temps, et de savoir exactement ou lon se trouve et également que les autres savent ou vous êtes : ça engendre un sentiment de sécurité pas étranger a mon accident. Je me souviens en 1992 être très conscient du fait de savoir que personne ne savait ou je me trouvais précisément, et que jétais seul, vraiment seul et que je ne pouvais compter sur personne pour maider sil marrivait un accident, démâtage ou chavirage, jétais donc beaucoup plus prudent et je naviguais dune manière beaucoup plus conservatrice.
